Deuxième Sommet mondial sur l’énergie nucléaire civile : la RDC veut faire entendre sa voix et réaffirmer son statut d’acteur historique et crédible en Afrique

Paris, la capitale française, s’apprête à accueillir mardi 10 mars en étroite collaboration avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), le deuxième Sommet mondial sur l’énergie nucléaire. Chefs d’État et de gouvernement, responsables d’organisations internationales, institutions financières, industriels et experts y échangeront sur le rôle de l’énergie nucléaire civile face aux grands défis énergétiques et climatiques.

Dans un contexte marqué par la hausse des besoins en électricité, les impératifs de décarbonation et les enjeux de souveraineté énergétique, le ministère français de l'Europe et des Affaires étrangères précise que ce sommet constitue un rendez-vous important pour renforcer la coopération internationale et favoriser des solutions concrètes en faveur d’un développement sûr et durable du nucléaire civil.

Intervenant lors de la 81ᵉ réunion du Conseil des ministres, tenue vendredi 6 mars 2026 à la Cité de l'Union africaine sous la direction de la Première ministre Judith Suminwa, la Ministre de l’Enseignement supérieur, universitaire, recherche scientifique et innovations, Professeure Marie-Thérèse Sombo, a souligné la nécessité de porter la voix de la RDC. À cet effet, rapporte sa cellule de communication, elle participera à ce sommet international afin de promouvoir le potentiel et les perspectives du secteur nucléaire congolais.

"La Ministre de l’Enseignement supérieur, universitaire, recherche scientifique et innovations a informé le Conseil de la tenue du sommet mondial sur l'énergie nucléaire prévu le 10 mars 2026 à Paris en France. Elle a indiqué que ce deuxième sommet mondial sur l'énergie nucléaire à l'initiative du gouvernement de la République Française en collaboration avec l'Agence internationale de l'énergie atomique connaîtra la participation de plus de 60 chefs d'État, les discussions porteront sur le rôle stratégique du nucléaire face aux défis énergétiques, climatiques et industriels mondiaux", rapporte le compte rendu de la réunion lu par le porte-parole du gouvernement Patrick Muyaya.

Selon la note d’information de ce membre du gouvernement Suminwa, la République démocratique du Congo, en participant à ces assises, entend réaffirmer son statut d’acteur historique et crédible du nucléaire civil en Afrique.

"Abordant les enjeux stratégiques pour notre pays, elle a souligné la nécessité de réaffirmer notre statut d'acteur historique et crédible du nucléaire civil en Afrique, de moderniser et relancer nos infrastructures nucléaires, d'attirer des partenariats stratégiques et des financements internationaux, de renforcer la sûreté et la sécurité nucléaire conformément aux standards de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) et d'empêcher toute marginalisation dans la recomposition du leadership regional", a-t-elle martelé dans le compte rendu de la réunion.

Un sommet international pour promouvoir la vision d’un nucléaire civil de confiance, sûr et pacifique

Partout dans le monde, l’énergie nucléaire suscite un intérêt croissant. Selon le ministère de l'Europe et des Affaires Étrangères de la France, elle représente aujourd’hui près de 10 % de la production mondiale d’électricité et apparaît, pour de nombreux pays, comme un complément essentiel aux énergies renouvelables pour produire une électricité pilotable et bas-carbone.

Dans ce contexte, le sommet vise à favoriser les échanges entre États disposant déjà d’un programme nucléaire et ceux qui envisagent de s’engager dans cette voie, en particulier dans les économies émergentes. Il permettra également de mettre en avant les usages pacifiques de l’atome, dans le respect des engagements internationaux, à l’approche de la Conférence d’examen du Traité de non-prolifération nucléaire prévue au printemps 2026.

Le programme du Sommet international pour le nucléaire civil

La matinée sera consacrée à une séquence de haut niveau avec les interventions de chefs d’État et de gouvernement. L’après-midi, des panels et tables rondes permettront d’approfondir plusieurs priorités qui structurent aujourd’hui le débat international sur le nucléaire civil :

• le rôle du nucléaire dans la transition énergétique et dans l’accès à une électricité fiable et décarbonée ;

• les conditions de financement des projets nucléaires, enjeu déterminant pour accompagner le développement du secteur, notamment dans les pays qui souhaitent se doter de nouvelles capacités ;

• l’innovation et les technologies de nouvelle génération, dont les petits réacteurs modulaires, qui ouvrent de nouvelles perspectives pour la production d’énergie et les usages industriels.

D’autres discussions porteront notamment sur la sécurité d’approvisionnement en combustible, la gestion des matières et déchets radioactifs, ainsi que le développement des compétences et des chaînes d’approvisionnement nécessaires à la construction et à l’exploitation des installations.