Est de la RDC : dans un contexte de guerre de l’AFC/M23, MSF répond à l’épidémie de choléra prenant en charge plus de 800 malades à Sange

Après huit semaines d’intervention d’urgence à Sangé, dans la province du Sud-Kivu, à l’est de la République Démocratique du Congo, Médecins Sans Frontières (MSF) annonce une baisse de 90 % des cas de choléra pris en charge. Depuis le début de son intervention, l’organisation indique avoir déjà traité 809 malades, mis en place 50 points de chloration de l’eau et appuyé la communauté dans le nettoyage des points de captage, contribuant ainsi à la réduction significative des cas en huit semaines d’activité.

Selon MSF cette épidémie, la plus sévère dans la zone depuis cinq ans, est liée au dysfonctionnement des principaux points de captage d’eau, devenus inaccessibles en raison de l’insécurité, ainsi qu’à la fragilité du système de santé local. Elle est également aggravée par les mouvements massifs de populations fuyant les affrontements entre les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), leurs alliés les miliciens wazalendo et la rébellion de l’AFC/M23.
Sange, cité symbolique dans la plaine de la Ruzizi a été une étape majeure et déterminante dans l’offensive des rebelles de l’AFC/M23 vers la ville côtière d’Uvira.
Depuis plusieurs mois, MSF fait savoir que l’eau potable ne coule plus dans les foyers de Sange. Les deux principaux points de captage ne fonctionnent plus correctement, leur système de filtrage étant obstrué par le sable et la terre. L’accès à ces installations est par ailleurs limité par la présence de groupes armés.

Privés d’eau potable, de nombreux habitants ont été contraints de consommer l’eau de la rivière ou du canal d’irrigation, non traitée. Cette situation a favorisé la propagation rapide du choléra, notamment chez les enfants.

Pour faire face à l’épidémie, MSF appuie le centre de traitement du choléra de l’hôpital général de Sangé ainsi que le centre de santé de Ndunda, en périphérie de la ville. Au total, plus de 50 points de chloration ont été installés dans la zone de santé de Ruzizi.

En parallèle, l’organisation collabore avec la communauté pour nettoyer et réhabiliter les points de captage d’eau afin de permettre, à terme, la reprise du filtrage et de la chloration. Des actions de sensibilisation sont également menées auprès des relais communautaires pour promouvoir les mesures d’hygiène et faciliter l’identification précoce des symptômes. La population est formée au nettoyage adéquat des bidons susceptibles d’être contaminés.

Avec plus de 800 personnes prises en charge, il s’agit de l’épidémie de choléra la plus grave enregistrée en cinq ans dans la zone de santé de Ruzizi.

Les affrontements réguliers entre les FARDC, leurs alliés Wazalendo et l’AFC/M23 ont provoqué d’importants déplacements de population. En décembre, des combats intenses ont éclaté dans la cité de Sangé, en territoire d’Uvira, au Sud-Kivu. Ces mouvements contraignent de nombreuses familles à vivre dans des conditions de promiscuité, parfois insalubres, et sans accès à l’eau potable, favorisant la propagation de la maladie.

Fin janvier, à la suite d’une explosion dans la ville ayant causé plusieurs morts et une dizaine de blessés, l’équipe d’urgence de MSF a dû évacuer Sangé pour des raisons de sécurité. L’organisation a toutefois poursuivi ses activités à distance jusqu’à la mi-février.