Genève: « Les femmes sont largement absentes des processus de paix, y compris en RDC » déplore Volker Türk qui entend renforcer leur rôle dans la recherche de la paix
Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a une nouvelle fois tiré la sonnette d’alarme sur la dégradation de la situation internationale à l’ouverture de la 63e session du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies, à Genève, en Suisse. La session, qui se tient au Palais des Nations du 7 septembre au 7 octobre 2026, intervient dans un contexte marqué par la multiplication des conflits armés ainsi que par les atteintes croissantes aux droits humains et au droit international humanitaire.
Dans son intervention devant le Conseil, Volker Türk a souligné l’ampleur de la crise internationale, évoquant plus de 60 guerres impliquant au moins un État, soit un nombre record depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Selon lui, les dernières années ont été caractérisées par une hausse du nombre de conflits armés et par un affaiblissement du respect des normes internationales.
« Ces dernières années ont été marquées par une augmentation du nombre de conflits armés et un respect décroissant des droits de l'homme international, du droit humanitaire et de la Charte des Nations Unies elle-même. On compte aujourd'hui plus de 60 guerres impliquant au moins un État, un nombre record depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Cette recrudescence des conflits entre États nous plonge dans une situation particulièrement périlleuse », s’est alarmé le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Volker Türk, lors de son intervention à la 63e session du Conseil des droits de l’homme.
Autre priorité mise en avant par le Haut-Commissaire : la participation des femmes aux processus de paix. Volker Türk a annoncé que son Bureau entend accroître la participation et le rôle des femmes dans les processus de paix, rappelant leur contribution historique à plusieurs processus de sortie de crise, notamment en Irlande, au Libéria et aux Philippines.
Malgré cette expérience, les femmes demeurent largement sous-représentées dans les négociations portant sur plusieurs conflits actuels, notamment en République démocratique du Congo (RDC), à Gaza, au Soudan et en Ukraine
« Nous nous efforcerons d'accroître la participation et le rôle des femmes dans les processus de paix. Malgré le rôle historique qu'elles ont joué en tant qu'artisanes de la paix en Irlande, au Libéria, aux Philippines et ailleurs, elles sont largement absentes des négociations concernant la RDC, Gaza, le Soudan et l'Ukraine », a déclaré Volker Türk lors de son intervention.
S’agissant de la situation des droits de l’homme en République démocratique du Congo, le Haut-Commissaire n’est pas entré dans les détails de la situation du pays lors de son intervention d’ouverture. Il a toutefois annoncé que son Bureau présenterait, au cours de la session, des mises à jour détaillées sur plusieurs situations relatives aux droits humains, notamment en RDC.
« Nous fournirons des mises à jour détaillées sur la République démocratique du Congo, Haïti, le Myanmar et d'autres pays plus tard au cours de cette session », a ajouté le diplomate onusien.
Cette annonce intervient alors que la situation des droits humains en RDC figure parmi les questions qui seront examinées au cours des travaux du Conseil. Un dialogue interactif renforcé est notamment prévu autour du rapport du Haut-Commissaire sur la République démocratique du Congo, au titre du point 10 de l’ordre du jour.
Dans son message, Volker Türk a replacé la quête de paix au cœur de la responsabilité collective. Le Haut-Commissaire a réaffirmé la volonté de son bureau de poursuivre son travail de prévention des conflits, de surveillance et de documentation des violations des droits humains, ainsi que son soutien aux États à travers la coopération technique et le renforcement des capacités.
À l’en croire, la guerre reflète l’échec de l’humanité, tandis que la recherche de la paix représente ce que l’humanité peut offrir de meilleur. Il a également assuré que son Bureau continuerait à dénoncer les violations des droits humains et du droit international humanitaire, indépendamment de l’identité de leurs auteurs.
« La guerre reflète l'échec de notre humanité. La recherche de la paix incarne l'humanité à son meilleur. Mon Bureau poursuivra son travail essentiel de prévention des conflits, de surveillance et de documentation des violations des droits de l'homme, et d'appui aux États par le biais de la coopération technique et du renforcement des capacités. Nous dénoncerons toute tentative de bafouer les droits de l'homme et le droit international humanitaire. Et nous continuerons à chercher des moyens de briser les cycles de violence », a affirmé le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme.
La 63e session du Conseil des droits de l’homme s’est ouverte sous la présidence de l’ambassadeur Sidharto Reza Suryodipuro, représentant permanent de l’Indonésie auprès de l’Office des Nations Unies à Genève. Au cours de cette session, renseigne la documentation de l'ONU, le Conseil tiendra 37 dialogues interactifs avec les titulaires de mandat au titre des procédures spéciales, les mécanismes d’experts et les mécanismes d’enquête. Il examinera également les rapports et les mises à jour du Haut-Commissaire, de son Bureau et du Secrétaire général des Nations Unies.
Le Conseil entendra notamment une mise à jour orale du Haut-Commissaire sur El Obeid, dans le Kordofan du Nord, au Soudan, au titre du point 2 de l’ordre du jour. Il dialoguera également de manière interactive avec le Haut-Commissaire sur Haïti et l’Ukraine, au titre du point 10.
Des dialogues interactifs renforcés sont également prévus sur les rapports du Haut-Commissaire et du Mécanisme d’enquête indépendant pour le Myanmar, au titre du point 2. D’autres échanges porteront sur le Haut-Commissaire et le Mécanisme international indépendant d’experts pour la promotion de la justice raciale et de l’égalité dans l’application des lois, au titre du point 9, ainsi que sur le rapport du Haut-Commissaire consacré à la République démocratique du Congo, au titre du point 10.
Au cours de cette session, le Conseil tiendra également six tables rondes consacrées à plusieurs questions majeures relatives aux droits humains. Elles porteront notamment sur la promotion et la protection des droits économiques, sociaux et culturels dans le contexte de la lutte contre les inégalités ; le 40e anniversaire de la Déclaration sur le droit au développement ; le 15e anniversaire de la Déclaration des Nations Unies sur l’éducation et la formation aux droits de l’homme ; le 60e anniversaire des Pactes internationaux relatifs aux droits de l’homme ; les droits des peuples autochtones ; ainsi que l’intégration d’une perspective de genre dans l’ensemble des travaux et mécanismes du Conseil.
Le Conseil entendra également des présentations de rapports par pays et de rapports thématiques du Secrétaire général des Nations Unies, notamment son rapport consacré aux voies concrètes permettant de mobiliser des financements climatiques suffisants, ainsi que son rapport sur les représailles contre les personnes qui coopèrent avec les Nations Unies.
Le Conseil des droits de l’homme est un organe intergouvernemental du système des Nations Unies composé de 47 États membres. Il est chargé de promouvoir et de protéger les droits de l’homme dans le monde entier. Créé par l’Assemblée générale des Nations Unies le 15 mars 2006, le Conseil a notamment pour mandat d’examiner les situations de violations des droits de l’homme et de formuler des recommandations à ce sujet.