Hydroélectricité : le ministre Molendo Sakombi lance un partenariat stratégique Kinshasa/Brazzaville pour la production de 9 000 MW

La République démocratique du Congo et la République du Congo s’engagent à développer conjointement, le long de leur vaste frontière fluviale, un programme ambitieux de production d’énergie électrique d’une capacité globale estimée à près de 9 000 MW.

À la manœuvre, le ministre des Ressources hydrauliques et de l’Électricité de la RDC, Aimé Molendo Sakombi, qui s’emploie à résorber l’important déficit énergétique du pays en général et de Kinshasa en particulier, évalué à environ 1 000 MW.

Reçu en audience ce jeudi par le président Denis Sassou Nguesso, le ministre rd-congolais est venu solliciter son aval, après avoir obtenu le feu vert du président Félix Tshisekedi.

Au sortir de l’audience, le ministre a souligné la portée stratégique de cette initiative :
« Le fleuve Congo n’est pas une frontière. Il est notre patrimoine commun et un levier stratégique majeur pour l’intégration énergétique régionale.Notre démarche est claire : bâtir une coopération souveraine, équilibrée et mutuellement bénéfique, autour d’une coopération moderne, respectueuse des intérêts de chacun, sans fragiliser nos souverainetés respectives.»

Selon les études détenues par les autorités des deux Congo, les centrales hydroélectriques seront développées sur le site de Pioka-Tombe, pour une capacité estimée à 6 120 MW. Du côté de Brazzaville, les études de conception des projets hydroélectriques de Linzolo, Mbanza-Ndounga et Kintélé, situés sur le fleuve Congo, ont révélé une puissance installée maximale projetée de 2 710 MW.

Pour matérialiser ces projets structurants, les deux gouvernements ont décidé de mettre en place un cadre de coopération dédié à l’aménagement hydroélectrique de ces sites, en commençant par celui de Poika-Tombe.



Ce programme de mutualisation des ressources hydrauliques vise à améliorer les conditions socio-économiques des populations et à accélérer l’industrialisation des deux pays frères, dont les besoins énergétiques connaissent une croissance soutenue.

Au-delà des besoins domestiques, l’enjeu est également industriel : en République démocratique du Congo, le secteur minier accuse à lui seul un déficit énergétique estimé à près de 3 500 MW, un handicap majeur pour la transformation locale des minerais et la montée en gamme de la chaîne de valeur.