Kinshasa : une chambre de commerce RDC–Royaume-Uni pour booster les échanges et les investissements

Jennifer Chapman, baronne Chapman de Darlington, ministre d'État chargée du Développement international et de l'Afrique au Royaume-Uni, séjourne à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo, dans le cadre d'une visite de travail qui s'inscrit dans la dynamique de renforcement du partenariat entre le Royaume-Uni et la RDC, notamment en matière de commerce, d’investissement et de développement durable.

Entamée mercredi 4 mars et devant se clôturer ce vendredi 6 mars, cette visite marque une étape importante dans les relations entre les deux pays. Elle coïncide notamment avec le lancement officiel de la Chambre de commerce britannique Royaume-Uni – RDC, une initiative destinée à renforcer la coopération économique et à accroître les échanges commerciaux entre les deux États.

" Nous célébrons un moment important pour le partenariat entre le Royaume-Uni et la République démocratique du Congo : le lancement de la Chambre de commerce britannique en RDC. Nous sommes ravis d’accueillir à nouveau une visite ministérielle en RDC, ce qui témoigne de l’importance que le Royaume-Uni accorde à son partenariat avec la RDC et de notre volonté commune de continuer à renforcer les liens entre nos deux pays ", a déclaré le Chef de Coopération à l'Ambassade du Royaume-Uni en RDC, Peter Fernandes Cardy.

Il a rappelé que son pays, le Royaume-Uni, travaille depuis plusieurs années avec le gouvernement de la RDC ainsi qu’avec les institutions financières internationales afin de soutenir un climat des affaires toujours plus favorable au secteur privé, dans un esprit de coopération. Selon lui, des avancées ont déjà été enregistrées, d’où la nécessité et l’importance de renforcer les liens de partenariat, de baliser la voie aux investissements et de favoriser une croissance économique durable.

" Des progrès ont été réalisés, même si des défis subsistent. Mais c’est précisément en unissant nos efforts et en restant déterminés que nous pourrons encourager davantage d’investissements internationaux et créer un environnement propice à une croissance économique durable et bénéfique pour la population congolaise. Le lancement de la Chambre de commerce marque une nouvelle étape dans ce partenariat. Nous espérons qu’elle deviendra une plateforme de collaboration, de dialogue et de solutions, permettant de renforcer encore davantage les liens entre nos partenaires ", a souligné le chef de coopération à l'Ambassade du Royaume-Uni en RDC, Peter Fernandes Cardy.

Pour Ben Ainsley, commissaire adjoint au commerce de Sa Majesté pour l’Afrique, le Royaume-Uni souhaite être un partenaire sérieux et de long terme pour la RDC, un investisseur dans leur avenir commun, en soutenant une économie résiliente, diversifiée et créatrice d’opportunités pour tous. C’est pourquoi il se dit particulièrement heureux de marquer le lancement officiel de la chambre de commerce UK–RDC.

Ben Ainsley précise que cette nouvelle chambre représente une étape importante. Elle contribuera à rapprocher les entreprises britanniques et congolaises, tout en aidant à attirer et à renforcer des investissements britanniques de haute qualité en RDC.

" Nos relations commerciales sont déjà en pleine croissance. J’ai assisté à la signature par British international Investment d’un accord de financement de 25 millions de dollars avec la Royal Bank afin de soutenir les entreprises congolaises, en particulier les petites et moyennes entreprises, pour leur permettre de se développer, d’investir et de créer des emplois. Grâce à un partenariat avec l’International Finance Corporation, d’une valeur de près de 3 millions de livres sterling, le Royaume-Uni soutient également l’accès au financement afin d’aider les entreprises congolaises à développer leurs activités agricoles et à renforcer leur résilience face aux chocs climatiques ", a fait savoir Ben Ainsley, commissaire adjoint au commerce de Sa Majesté pour l’Afrique.

Cette année, il dit espérer organiser une mission commerciale dans le secteur agricole au Royaume-Uni, mettant en avant des entreprises britanniques innovantes prêtes à établir des partenariats avec leurs homologues congolaises. Dans le cadre du partenariat avec le ministère du Commerce extérieur, l’objectif est également d’élargir les avantages du programme commercial britannique en faveur des pays en développement, permettant aux entreprises congolaises d’accéder au marché britannique en franchise de droits pour 98 % des produits.

" La richesse minérale de la RDC est un atout national extraordinaire, mais elle doit bénéficier au peuple congolais, ce qui est clairement une priorité pour le gouvernement. Cela signifie transformer et raffiner sur place, et non simplement exporter des matières premières. Cela implique des investissements dans des installations, la formation et la technologie afin de créer des emplois de qualité et des compétences durables dans le pays. Cela signifie également des normes élevées, des règles claires, de la transparence et des pratiques de travail sûres", a-t-il fait savoir dans son discours devant l'assistance.

Au cours de cette cérémonie, la RDC, engagée dans le renforcement de l’amélioration du climat des affaires, a formulé plusieurs demandes, dont l’ouverture d’une ligne directe Londres–Kinshasa par British Airways, la présence accrue des entreprises britanniques en RDC afin d’aider le pays à transformer localement ses ressources naturelles et à favoriser le transfert de compétences.

Au nom de la République Démocratique du Congo, Julien Paluku a également plaidé pour la formation des producteurs et des entreprises congolaises au respect des normes britanniques. L’objectif est de rendre compétitifs les produits Made in DRC sur le marché britannique, a indiqué le ministre du Commerce extérieur.

" Le Président de la République nous a donné mandat de signer des accords commerciaux avec le reste du monde. Nous sommes admis à l’AGOA, qui permet aux produits congolais d’entrer sur le marché américain sans droits de douane. Nous avons signé un accord de partenariat économique global avec les Émirats arabes unis, permettant à 6 000 produits d’accéder à ce marché. Nous sommes en partenariat avec l’Union européenne à travers les accords de partenariat économique. Nous faisons partie de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), qui représente un marché de 1,4 milliard de consommateurs. Nous avons signé un accord avec la Chine en septembre 2024 et nous sommes en voie d’en signer un avec l’Inde. Si vous vous installez en RDC, vous aurez accès à tous ces marchés", a fait remarquer le ministre congolais du Commerce Extérieur Julien Paluku.

Par ailleurs, Dahlia Tshimbombo, membre du Conseil d’administration de cette Chambre de commerce, a appelé à l’implication de tous et a fait le point sur les prochaines étapes après l’officialisation de l’existence de cette Chambre.

" Mais pour réussir, cette Chambre de commerce nécessite un engagement collectif : une participation active du secteur privé, un soutien institutionnel constant de nos deux gouvernements, une collaboration étroite avec l’Ambassade et les organismes de promotion du commerce, et surtout l’implication pleine et entière de nos membres. Nos prochaines étapes consistent à formaliser notre structure opérationnelle, à élargir notre base d’adhésion, à lancer des forums d’affaires ciblés et des dialogues sectoriels, et à créer des espaces réguliers de rencontres et d’échanges entre entreprises ", a-t-elle fait savoir lors de sa prise de parole.

Il sied de signaler que les bénéfices de cette initiative sont multiples : une augmentation des échanges commerciaux et des investissements, la création d’emplois et le transfert de compétences, ainsi que le renforcement des normes de gouvernance et de la coopération institutionnelle. Cette collaboration intervient dans un contexte où la République démocratique du Congo traverse une phase de transformation économique, tandis que le Royaume-Uni redéfinit ses relations commerciales à l’échelle mondiale.