Le Conseil de sécurité de l’ONU se réunit ce jeudi pour une séance consacrée à la situation en RDC et aux activités de la MONUSCO
Le Conseil de sécurité des Nations Unies se réunit ce jeudi 26 mars pour une séance d'information publique, suivie de consultations à huis clos, sur la situation en République démocratique du Congo (RDC), notamment sur les travaux de la Mission de l'Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO). Cette séance, qui intervient dans un mois où la présidence du Conseil est assurée par les États-Unis d'Amérique, sera présidée par Massad Boulos, conseiller principal des États-Unis pour les affaires arabes et africaines.
Selon un communiqué de l'ONU consulté par ACTUALITE.CD, Vivian van de Perre, représentante spéciale adjointe du Secrétaire général pour la protection et les opérations de la MONUSCO et responsable par intérim de la mission, devrait présenter un exposé. Le Rwanda devrait également y participer, conformément à l'article 37 du règlement intérieur provisoire du Conseil.
Avant la réunion, le Conseil de sécurité pourrait adopter une déclaration présidentielle sur la situation en RDC, proposée par la France (auteure du dossier). Au moment de la rédaction du présent document, le projet de texte était soumis à la procédure d'examen silencieux jusqu'à demain matin. Mme Van de Perre devrait informer les membres du Conseil des récents développements politiques et sécuritaires en RDC, en se fondant sur le dernier rapport du Secrétaire général sur la mission (S/2026/208), diffusé aux membres du Conseil le 19 mars et couvrant la période depuis le 1er décembre 2025. Elle pourrait souligner les progrès accomplis dans les efforts de médiation en cours, notamment ceux menés dans le cadre de l'Accord-cadre de Doha pour la paix, signé entre le gouvernement congolais et le Mouvement du 23 Mars (M23) en novembre 2025, et des Accords de Washington conclus par la RDC et le Rwanda en décembre 2025.
Mme Van de Perre pourrait souligner les efforts déployés par la MONUSCO en faveur d’un cessez-le-feu permanent, notamment par la mise en œuvre du Mécanisme de surveillance et de vérification du cessez-le-feu (CSVF) convenu à Doha. À cet égard, elle pourrait évoquer la visite, du 8 au 11 février, du Secrétaire général adjoint aux opérations de paix, Jean-Pierre Lacroix, en RDC, où il s’est entretenu avec les autorités congolaises au sujet du soutien de la MONUSCO à la mise en œuvre d’un cessez-le-feu dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, conformément à la résolution 2808 du 19 décembre 2025, qui a renouvelé le mandat de la mission.
Lors de la réunion précise l'ONU, BM. Boulos devra évoquer son action en faveur du processus de Washington. Il pourrait notamment mettre en avant la réunion qu'il a organisée les 17 et 18 mars à Washington, D.C., afin de faciliter les échanges entre les représentants de la RDC et du Rwanda sur la mise en œuvre des Accords de Washington. Selon une déclaration conjointe du 18 mars, les deux parties se sont entendues sur une série de mesures coordonnées pour apaiser les tensions et faire progresser la situation sur le terrain.
Ces mesures comprennent la levée des mesures défensives par le Rwanda dans des zones définies du territoire congolais et des efforts accrus et limités dans le temps de la part de la RDC pour neutraliser les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), un groupe armé hutu actif dans l'est de la RDC et impliqué dans le génocide de 1994 contre les Tutsis au Rwanda.
Malgré ces développements, la situation sécuritaire dans l’est de la RDC a continué de se détériorer ces derniers mois. Le 17 mars, les membres du Conseil ont tenu des consultations à huis clos, à la demande de la France, pour discuter de l’escalade des combats dans la région, notamment à la lumière de l’attaque de drone du 11 mars à Goma, qui a coûté la vie à un membre du personnel de l’UNICEF ainsi qu’à deux civils.
Des appels se multiplient pour demander une désescalade entre les différents protagonistes du conflit, ainsi que pour le respect du droit humanitaire. Le personnel humanitaire ne doit en aucun cas être ciblé dans le cadre des opérations militaires et doit pouvoir mener sa mission de soutien aux populations vulnérables en toute sécurité.