OIF : en attendant la tournée dans différentes capitales, la RDC appelle les diplomates des pays francophones à accorder un avis favorable à sa candidate
Juliana Lumumba, fille de Patrice Émery Lumumba, diplômée en sciences politiques à Paris et figure de la vie publique en RDC, a été choisie comme candidate de la République démocratique du Congo au poste de secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF). La fille du héros national congolais devra rivaliser avec d’autres candidates lors de l’élection prévue à l’occasion du Sommet de la Francophonie, qui se tiendra au Cambodge les 15 et 16 novembre 2026.
Depuis cette désignation, et en attendant cette échéance, Kinshasa s’active déjà pour présenter sa candidate aux ambassadeurs et diplomates accrédités en RDC. Après la cérémonie organisée par la Présence de la République, Thérèse Kayikwamba Wagner, cheffe de la diplomatie congolaise, a également renouvelé cet exercice ce mercredi 25 mars, lors d’une rencontre avec le corps diplomatique, demandant d’accorder une oreille attentive à la candidate de la RDC.
« Nous nous réjouissons du succès de l’activité organisée à la présidence à l’occasion de la Journée de la Francophonie, qui a permis de présenter cette candidate à plusieurs d’entre vous. La candidate entamera prochainement une tournée dans différentes capitales et cela va être discuté de manière bilatérale et directe avec plusieurs d'entre vous. Je tenais quand-même à réitérer cela et je vous encourage, pour ceux qui sont concernés, à prêter oreille et à avoir un avis favorable vis-à-vis de notre candidate éloquente et compétente pour ce poste », a dit Thérèse Kayikwamba Wagner dans son message adressé spécifiquement aux diplomates des pays francophone.
La République démocratique du Congo avait décidé de présenter sa candidature au poste de secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie. Par cette décision, elle s’inscrit dans une logique visant à contrer un éventuel troisième mandat de l’ancienne ministre rwandaise des Affaires étrangères, Louise Mushikiwabo, actuelle secrétaire générale de l’OIF, dont la candidature pour un nouveau mandat a été annoncée par le gouvernement rwandais. Elle devra également faire face à la candidature de la Mauritanienne Dr Coumba Bâ, ministre-conseillère du président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani et envoyée spéciale auprès de l’institution.
Cette nouvelle élection, prévue pour le mois de novembre, s’annonce dans un contexte de tensions croissantes entre la République démocratique du Congo (RDC) et le Rwanda. Kinshasa reproche à Kigali son soutien à la rébellion de l’AFC/M23, qui occupe actuellement de vastes pans du territoire national dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. De son côté, Kigali accuse Kinshasa de collaborer avec les FDLR, considérées comme des forces génocidaires et une menace pour sa sécurité. En dépit de la signature des accords de Washington, sous les auspices de l’administration Trump, des tensions persistent.
La Conférence des chefs d’État et de gouvernement des pays ayant le français en partage, communément appelée « Sommet de la Francophonie », est l’instance suprême de la Francophonie. Le Sommet fait partie des trois instances consacrées par la Charte de la Francophonie (article 2), aux côtés de la Conférence ministérielle de la Francophonie (CMF) et du Conseil permanent de la Francophonie (CPF).
Le Sommet se réunit tous les deux ans et est présidé par le chef d’État ou de gouvernement du pays hôte jusqu’au Sommet suivant. Il statue sur l’admission de nouveaux membres de plein droit, de membres associés et de membres observateurs à l’OIF.
Il définit les orientations de la Francophonie dans un cadre stratégique décennal afin d’assurer son rayonnement dans le monde. Le Sommet adopte toute résolution qu’il juge nécessaire au bon fonctionnement de l’organisation et à la réalisation de ses objectifs. Il élit également le ou la secrétaire général(e) de la Francophonie.