ONU: la RDC alerte sur l’affaiblissement du système international des droits humains
Kinshasa, 24 février 2026 (ACP).- La République démocratique du Congo (RDC) a mis en garde, mardi, le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies, réuni au Palais des Nations à Genève en Suisse, contre l’affaiblissement du système international de protection des droits humains, jugé indissociable de la paix et de la stabilité internationales.
«Le système de droit de l’homme, indissociable de la paix et de la stabilité, ne doit pas être affaibli. Fragiliser ces mécanismes de protection, c’est compromettre la paix et l’avenir collectif. Sans responsabilité, il ne peut y avoir ni justice ni paix durable», a déclaré Thérèse Kayikwamba, ministre d’État en charge des Affaires étrangères.
Intervenant au nom du Président de la République et du Premier ministre, elle a précisé que les crises actuelles traduisent une érosion du multilatéralisme et des principes fondamentaux de l’ordre international.
La cheffe de la diplomatie congolaise a appelé à renforcer les moyens du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme afin de lui permettre de faire face aux défis traditionnels et émergents, notamment ceux liés à l’intelligence artificielle et à la cyberviolence.
Elle a estimé que l’exécution effective des mandats confiés par le Conseil constitue un indicateur de la détermination collective des États à préserver l’autorité du système international des droits humains.
Dans son intervention, la ministre d’État a insisté sur le fait que la justice et la paix durable passent par l’établissement des responsabilités, plaidant pour un ordre international fondé sur le respect du droit et l’égalité souveraine des États.
Elle a réaffirmé la coopération de la RDC avec la commission d’enquête indépendante établie par le Conseil, afin que les violations documentées au pays fassent l’objet d’investigations rigoureuses et que les responsabilités soient établies.
Par ailleurs, elle a rappelé les réformes engagées par le gouvernement congolais pour renforcer l’État de droit, la redevabilité et la protection des victimes, en particulier des femmes et des enfants, tout en soulignant que ces efforts demeurent confrontés aux conséquences du conflit dans l’Est du pays.
Pour Kinshasa, la crédibilité du système international des droits de l’homme dépend de l’application équitable des principes de responsabilité et de légalité «à tous, sans exception», condition essentielle pour préserver la paix et la sécurité collectives.
Des réformes engagées pour renforcer l’État de droit et la redevabilité
La ministre d’État en charge des Affaires étrangères a fait savoir que la RDC demeure attachée aux principes de la Charte des Nations Unies ainsi qu’aux instruments internationaux connexes relatifs aux droits de l’homme, ce qui signifie que le pays a engagé des réformes visant à renforcer l’État de droit et la redevabilité.«La protection des victimes, en particulier des femmes et des enfants, constitue une priorité. Nous la démontrons à travers une politique de tolérance zéro à l’égard des infractions sexuelles et des conflits. La mise en œuvre d’un mécanisme institutionnel de réparation, créé par la loi pour la protection et l’indemnisation des victimes, en est une illustration. Un fonds a été institué afin de restaurer la dignité des victimes», a-t-elle martelé.
Au-delà de la justice transitionnelle, a précisé la ministre d’Etat, la RDC s’attaque également aux causes structurelles des violations, précisant que «la création d’un tribunal économique et financier vise à poursuivre et à traduire en justice les auteurs d’infractions contre la population et de leurs droits fondamentaux».
S’agissant de l’exploitation des sources naturelles stratégiques, elle a indiqué que le gouvernement exige le respect des normes internationales et des principes directeurs des Nations-Unies, relatifs aux entreprises et aux droits de l’homme, l’État veuille à la responsabilité de l’ensemble des chaînes de valeur.
«Toutefois, ces efforts demeurent gravement entravés par les violations commises dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, notamment dans les zones occupées par l’AFC-M23 avec l’appui du Rwanda», a déploré Mme Kayikwamba.