Présidence de l’UA : l’AFC/M23 s’inquiète de l’attitude du président burundais jugée "contributive à la persistance des violences dans l’Est de la RDC

Évariste Ndayishimiye, président de la République du Burundi, s’apprête à prendre la présidence tournante de l’Union africaine, organisation continentale, à l’occasion du 39ᵉ Sommet des chefs d’État et de gouvernement qui se tiendra du samedi 14 au dimanche 15 février 2026 à Addis-Abeba, en Éthiopie.

Évariste Ndayishimiye assumera la présidence tournante de l’institution continentale pour un mandat d’un an, succédant à son homologue angolais João Manuel Gonçalves Lourenço. Présent à Addis-Abeba, il multiplie les contacts, notamment avec le Secrétaire général de l’ONU et d’autres personnalités, en vue de mieux préparer son mandat.
À Bujumbura, cette présidence est perçue à la fois comme « un signe de confiance politique », une opportunité politique, économique et stratégique, ainsi qu’une responsabilité. D’autres, en revanche, doutent de son impartialité. C’est notamment le cas de la rébellion de l’AFC/M23, acteur majeur de la crise dans l’Est de la RDC et contrôlant de vastes zones des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
"L’AFC/M23 s'inquiète de l’attitude du président burundais et président entrant de l’Union africaine, attitude qui contribue à la persistance de violences ciblées contre les communautés banyamulenge. Elle appelle, à ce titre, la communauté internationale ainsi que les institutions continentales à assumer pleinement leurs responsabilités, en exerçant une vigilance soutenue afin de prévenir toute escalade et d’éviter une aggravation des tensions ethniques et de la crise humanitaire dans la région" a réagi Corneille Nangaa, Coordonnateur du mouvement rebelle soutenu par le Rwanda
En dépit de la méfiance exprimée par la rébellion de l’AFC/M23, une récente communication de l’ambassadeur Édouard Bizimana, ministre burundais des Affaires étrangères, a souligné que cette présidence constitue à la fois « un signe de confiance politique », une opportunité politique, économique et stratégique, ainsi qu’une responsabilité collective nécessitant l’implication de l’ensemble de la société burundaise, des institutions publiques et privées, du secteur économique, de la jeunesse, des chercheurs et des partenaires du pays.

Parmi les priorités annoncées figurent l’accélération de la mise en œuvre du thème de l’année 2026 de l’Union africaine, consacré à « l’eau et l’assainissement pour tous d’ici 2063 », la poursuite du dialogue continental de la jeunesse sur la paix, la sécurité, la recherche et l’innovation, ainsi que le renforcement de la participation des jeunes et des femmes aux processus de paix, dans le cadre de l’initiative « Faire taire les armes d’ici 2030 ». La présidence burundaise entend également contribuer à l’opérationnalisation de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), avec un accent particulier sur le commerce électronique. Selon le chef de la diplomatie burundaise, les crises continentales resteront au centre de l’attention, notamment la situation dans l’Est de la République démocratique du Congo, en Libye, au Sahel et au Soudan, ainsi que les catastrophes naturelles et les urgences humanitaires.

Le Burundi aborde également cette présidence dans un contexte de tensions persistantes avec son voisin rwandais. Au lendemain de l’occupation, puis de la libération, de la ville d’Uvira par la rébellion de l’AFC/M23, les relations entre les deux pays se sont davantage crispées, jusqu’au niveau des Nations unies, sur fond d’accusations mutuelles. Bujumbura affirme que son territoire a été affecté par l’offensive de la rébellion, qu’elle accuse d’être appuyée par le Rwanda, dénonçant une volonté de Kigali de régionaliser le conflit.

Le Burundi s’apprête ainsi à assumer, à compter du 15 février 2026, la présidence tournante de l’Union africaine, une première depuis la création de l’Organisation de l’unité africaine en 1963, devenue Union africaine.