RDC : Delly Sessanga critique l’usage politique de la situation sécuritaire dans l’Est pour “se maintenir au pouvoir”RDC : Delly Sessanga critique l’usage politique de la situation sécuritaire dans l’
- Ecrit par Jephté Kitsita
- March 22, 2026
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L’opposant Delly Sessanga a critiqué, samedi 21 mars, ce qu’il considère comme une volonté du pouvoir de se maintenir au-delà de 2028 en invoquant l’insécurité persistante dans l’est de la République démocratique du Congo comme cause.
S’exprimant devant la presse au siège de son parti Envol, à Kinshasa, l’ancien député national est revenu sur les engagements du président Félix Tshisekedi. Il a rappelé que ce dernier avait conditionné l’évaluation de son bilan au retour de la paix dans l’Est, estimant aujourd’hui que cet objectif n’a pas été atteint.
Selon Delly Sessanga, la situation sécuritaire s’est détériorée, alors que le mandat du chef de l’État arrive à échéance. Il évoque des millions de déplacés internes et la perte de contrôle de plusieurs territoires depuis la chute de Bunagana, survenue il y a quatre ans.
L’opposant critique également un discours attribué aux partisans du pouvoir, selon lequel le président serait investi d’une « mission » pour mettre fin à la guerre, au-delà de son mandat constitutionnel. Il rejette cette lecture, affirmant qu’aucune mission ne peut se substituer aux dispositions de la Constitution.
Pour Delly Sessanga, la poursuite du conflit ne peut servir à justifier les insuffisances de la gouvernance ni à suspendre les exigences démocratiques. Il estime que la guerre est utilisée comme un alibi pour prolonger les échecs.
Par ailleurs, il condamne toute agression étrangère contre la RDC, en citant notamment le Rwanda, et appelle au retrait des forces étrangères présentes sur le territoire congolais. Il souligne toutefois que la dénonciation de cette agression ne doit pas être interprétée comme un soutien à l’action du gouvernement.
« Refuser et condamner l’agression extérieure ne signifie pas cautionner les dérives internes », a-t-il déclaré, insistant sur la nécessité de concilier défense de la souveraineté nationale et exigence de responsabilité politique.
Delly Sessanga affirme enfin que la défense de l’intégrité territoriale et la reddition des comptes par les dirigeants relèvent toutes deux des droits et devoirs des citoyens, dans le cadre de l’État de droit.
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