Sécurité routière en RDC : Jean-Pierre Bemba déclare la guerre aux phares LED
La technologie LED dans le viseur
Le ministère des transports cible particulièrement les barrettes lumineuses et les projecteurs d'appoint ajoutés par les propriétaires de véhicules. Selon les experts en sécurité routière, ces feux, souvent mal orientés ou d'une puissance dépassant les normes d'homologation, provoquent un éblouissement sévère pour les conducteurs venant en face. Cet effet de « trou noir visuel » réduit drastiquement le temps de réaction et serait à l'origine de nombreux accidents nocturnes sur les routes.
Un sursis avant la phase de répression
Conscient de l'ampleur du phénomène, le gouvernement a instauré un délai de grâce courant jusqu'au 1er mars 2026.
• Objectif : Permettre aux automobilistes de retirer volontairement les dispositifs non prescrits (phares LED additionnels, lampes halogènes de forte intensité non d'origine).
• Après le 1er mars : la tolérance zéro sera appliquée. La police nationale, en collaboration avec les services spécialisés des transports, lancera des opérations de contrôle systématique.
Les contrevenants s'exposent à des amendes et au démontage forcé de leurs équipements.
Une mesure qui s'inscrit dans la durée
Ce n'est pas la première fois que les autorités tentent de réguler l'éclairage des véhicules. Ce nouveau décret s'appuie sur la Loi n°78/022 du 30 août 1978 portant nouveau Code de la route, qui définit strictement les types de feux autorisés sur les véhicules.
Un rappel des précédents
• En 2023 : Une opération d'envergure a déjà été menée sur l'axe Kinshasa-Matadi (Kongo-Central). Plus de 400 projecteurs LED avaient été arrachés en deux semaines.
• Le contexte kinois
À Kinshasa, l'usage de ces phares surpuissants est souvent justifié par les conducteurs comme une réponse au déficit d'éclairage public sur certaines artères. Toutefois, les autorités rappellent que «se protéger en mettant en danger la vie d'autrui n'est pas une solution » .
Cette décision marque une étape de plus dans la volonté du gouvernement de discipliner la circulation routière et de protéger l'intégrité physique des citoyens.